26-27 septembre - Le Bataillon d’Infanterie de Marine et du Pacifique libère Magny-Jobert

Friday 26 September 2014

http://divisionfrancaiselibre.eklablog.com/etape-n-17-26-27-septembre-1944-le-bataillon-d-infanterie-de-marine-et-a107997946

magny-jobert

Source : http://www.franche-comte.org

Il était une fois Marguerite VUILLEMOT, née en 1899, qui fit toute sa carrière d’institutrice dans un village qui comptait « 31 » feux » en 1945 : Magny-Jobert. Aujourd’hui, ce village compte 102 habitants, mais il n’a plus d’école depuis 1984, l’année du décès de Marguerite Vuillemot.

L’institutrice mit des années entre 1945 et 1953 à récolter des témoignages et fit travailler ses élèves sur un travail dirigé en commun intitulé : « Magny-Jobert, Mon village dans la tourmente 1939-1945 ».

Il comporte une dédicace manuscrite des enfants aux libérateurs de la 1ère D.F.L.

magny-jobert

Le dossier retrace la vie du village et de ses habitants pendant l’invasion de 1939, la débâcle, le passage des prisonniers français, où sont humiliés et détenus à part, les soldats malgaches. Les habitants s’efforcent alors, avec ceux des villages voisins, de ravitailler le camp des prisonniers. Puis vient le temps de l’occupation, les alertes, les problèmes de ravitaillement, les opérations des maquis voisins de la Forêt de Chérimont… jusqu’aux évènements de la Libération qui s’accompagnent dans cette région de terribles représailles des S.S. contre les maquisards et les populations civiles (Magny-d’Anigon, Eboton).

De ce travail minutieux de reconstitution (qui fit également l’objet d’un article dans un n° du Bir Hakim l’Authion de 1998 centré sur les évènements des septembre 1944 ), nous avons extrait des passages sur la Libération de Lyoffans et Andornay tout proches, (insérés dans notre précédent article), et celle de Magny-Jobert : ce sont les seuls témoignages des combats dans ce village que nous ayons pu identifier aujourd’hui. Ils présentent tout l’intérêt de nous délivrer le vécu de ces habitants à la veille de leur libération, point de vue dont ne dispose jamais l’attaquant.

La libération de Magny-Jobert a lieu en fin de journée le 27 septembre. Le Bataillon d’Infanterie Marine a été appelé à la rescousse, tant les combattants du B.M.4 étaient épuisés après la prise de Lyoffans et d’Andornay. Nous retrouvons cependant le Commandant du B.M.4, le Capitaine BUTTIN, qui par une heureuse intuition- et de justesse - , commande à notre Artillerie le tir qui s’avèrera vital pour contrer la classique « contre-attaque allemande… » … et ainsi, Magny-Jobert restera entre les mains des Français…


Télécharger « n°17 - Libération de Magny-Jobert par le BIMP »

“Sur les chemins de la 1ère D.F.L. 1940-1945″

Tuesday 23 September 2014

Une grande partie des 38 maquisards ayant libéré la presqu’île de Giens s’est engagée dans la 1ère D.F.L., le lieutenant Vallier, devenu lieutenant Sivirine ainsi que deux des maquisards, Claude et Roger, dans l’artillerie (1er R.A.), les maquisards dans le Bataillon d’Infanterie de Marine et du Pacifique (B.I.M.P.)

Le 8 septembre le lieutenant Vallier écrivait à Louis Picoche:

“Aux Armées - 8/9/44

Je ne t’ai pas encore écrit malgré le grand nombre de choses à nous dire d’abord parce que je voulais vite terminer mon rapport pour le Colonel Lelaquet1 (je le lui ai envoyé il y a plusieurs jours par courrier officiel) et puis parce que je voulais revoir la plus grande partie de nos maquisards actuellement admis dans un des meilleurs bataillons de la division. Pour en finir avec eux, ils sont contents et surtout, chose qui te fera plaisir autant qu’à moi, on est vraiment content d’eux. Ils ont donné satisfaction à tous les points de vue et notamment au point de vue marche, ce qui, je suppose, ne t’étonne pas. J’ai avec moi Roger et Claude qui font partie de mon équipe personnelle.”

En 2014 un projet a vu le jour
“Sur les chemins de la 1ère Division Française Libre ” : outils et publications numériques autour de la mémoire de la 1ère D.F.L.

Projet 2014-2015 “Villes et Villages libres avec la 1ère D.F.L.” dans le cadre du 70e anniversaire des combats pour la Libération du territoire national, du Débarquement de Provence (Août 44) à l’Authion (Mai 1945) : Florence Roumeguère et Blandine Bongrand Saint Hillier, avec le soutien de la Fondation BM 24-Obenheim.
Projet Labellisé “70ème Anniversaire” par le Ministère des Anciens Combattants.

Nous continuons grâce à ce projet notre récit des actions des maquisards du maquis Vallier, des Vosges à l’Authion maintenant,

http://divisionfrancaiselibre.eklablog.com/

et allons passer l’hiver “Sur les chemins de la 1ère D.F.L. 1940-1945″, avec les auteurs de ce blog.

PS. Sur le calendrier l’année restera 1944/1945 alors que 2014/2015 sera l’année correspondant aux textes.

Prix de la Fondation de la Résistance “Philippe Viannay-Défense de la France”

Thursday 29 January 2009

Le 28 octobre 2008 le prix de la Fondation de la Résistance “Philippe Viannay-Défense de la France” a été remis au livre “Le cahier rouge du maquis/L’homme boussole”.

Le cahier rouge du maquis

Tuesday 13 March 2007

L’affichette annonçant la présentation à Aups le 21 avril du livre “Le cahier rouge du maquis” est sur la page de garde de ce site et dans la page “rendez vous”. Le livre va donc sortir en librairie, aux Editions parole. Je ne peux m’empêcher de penser à la première phrase du journal que j’ai tapée en février 2006 “Ce n’est pas une préface pour un livre à paraître en librairie que j’écris. Ce journal que j’ai fait jour par jour, où vous m’avez tous vu noter les impressions quotidiennes n’a jamais été écrit pour être édité.”.

Je voudrais simplement dire ici que ce journal était jusqu’à présent disponible aux Archives Nationales (dépôt en 1945). Il était aussi disponible à l’aide de quelques exemplaires dactylographiés et devenus quasiment illisibles. C’est pourquoi nous avons décidé, Jean-Michel et moi même de rendre ce document public.

Je recopie pour terminer ce site une partie de la dernière page de la partie “l’homme boussole” du livre “le cahier rouge du maquis”:

“Sur sa fausse carte d’identité de la Résistance, notre père s’appelait Claude Vallier. Il a emprunté une partie du nom de jeune fille de la grand-mère de notre mère qui s’appelait Pauline Cavalier. Ce choix n’était pas du au hasard. Pas plus que le choix d’indiquer comme lieu de naissance, sur sa fausse carte d’identité, un des hauts lieux de la résistance cévenole.

Après la guerre, les résistants du maquis de Canjuers ont posé leur plaque sur le monument aux morts du soulèvement républicain de 1851 qui se trouve à Aups. Ils ont choisi de rejoindre ceux qui avaient résisté au coup d’état de Louis-Napoléon Bonaparte, lorsqu’il a assassiné la République pour rétablir l’empire à son profit. Le père de Pauline, notre arrière grand mère, a participé au soulèvement républicain. Il a été déporté en Algérie (on disait “transporté” à l’époque). Notre mère nous a toujours emmenés à ce monument. Elle nous disait: “Il y a des familles qui ont honte de ce qui s’est passé à l’époque. Nous, on en a toujours été fiers”. En choisissant un nom dans la famille républicaine de sa femme, notre père est parti fort non seulement du soutien affirmé, presque présent, de sa compagne,mais aussi de l’héritage de ces familles provençales qui s’étaient soulevées pour défendre les libertés démocratiques. ”

Refaire la France. La Résistance et l’avenir. ( Conférence de Jean Marie Guillon à Toulon)

Monday 11 December 2006

CML

À la veille d’une élection décisive, alors que les institutions semblent à bout de souffle et que le politique paraît courir après le passé et se résigner à l’impuissance devant le présent, il a paru opportun de revenir sur un moment fondateur. Entre 1940 et 1944, tout était à reconstruire et les résistants ont multiplié réflexions et propositions, en France occupée comme hors de France, alors qu’ils redonnaient confiance à la population. La mythologie résistante, légitime, tend à figer une pensée mouvante, riche, sans tabou, n‘hésitant pas à l’autocritique. Il s’agissait de reconstruire la République, la nation, l’Europe, le monde. Et la Libération fut un extraordinaire moment démocratique. Certes il fut éphémère et la IVe République peut être considérée comme un piètre aboutissement. Il n’en reste pas moins que la pensée de la Résistance peut encore donner à réfléchir aujourd’hui. Surtout aujourd’hui ?

PS: important!

Dans le cadre de l’Université de Provence et de Telemme, Jean-Marie Guillon vient de publier aux éditions du Cerf un ouvrage remarquable PAUL-ALBERT FEVRIER, UN HISTORIEN DANS L’ALGERIE EN GUERRE. UN ENGAGEMENT CHRETIEN 1959-1962

Dans les locaux de la faculté de Droit, Amphi jean-Claude Escarras (500-1), 35, Avenue Alphonse Daudet, Toulon, à 18h30, le mardi 12 décembre

Jean Marie Guillon

Jean Marie Guillon (Collège Méditerranéen des Libertés)

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Distribution des prix du concours de la Résistance.

Monday 9 October 2006

En 1961 a été créé le Concours National de la Résistance et de la Déportation. Une description de ce concours est donné dans le site memoire-net.org.
En 1964 le thème était national. Il était «La part prise par la Résistance dans la libération du territoire». Gleb Sivirine (et non plus le lieutenant Vallier) a été chargé de prononcer le discours de remise de prix au lycée d’Hyères.
Voici les notes à partir desquelles il a prononcé son discours

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Le site continue

Thursday 28 September 2006

Le “journal” est terminé, mais des anciens du maquis et surtout leurs descendants ont encore des choses à dire.

Jean Marie Guillon dans ses notes et maintenant Jean Michel Soldi et Eric Renoux dans leur commentaire ont prononcé le nom de la famille Authieu. Dans un discours pour la distribution des prix de la Résistance en octobre 1964 où il parle de sa vie de maquisard (nous allons poster ce discours et quelques photos de 1964) mon père dit “nous n’arrivons à nous en sortir que grâce à l’aide admirable de quelques paysans du Haut-Var”. Un témoignage des “fils et filles” Authieu, Anot et Sage (et d’autres peut-être) est en cours de rédaction. Il sera joint aux autres témoignages. Un petit mot dans cette partie “blog” vous en avertira. L’horloge du blog a été remise à l’heure, il n’y aura donc pas de confusion possible.

Lecteur, ami

Friday 22 September 2006

Voilà près de neuf mois que nous faisons route ensemble, et aujourd’hui le chemin s’arrête, avec les dernières lignes du Journal du maquis. Lignes écrites “aux armées”, sous d’autres cieux que ceux du Var, au seuil d’une autre aventure qui allait entraîner ceux du maquis Vallier, tous engagés dans la 1ère Division Française Libre, des Vosges à Royan, puis en Alsace et enfin à l’Authion pour les derniers combats de libération du territoire.

De nos hésitations au seuil de cette entreprise (la publication au jour le jour des pages du Journal), nous nous sommes déjà expliqués ; à quoi bon ressortir tout ça, la place des souvenirs n’est-elle pas qu’avec les souvenirs ?

Ta réaction, lecteur, ami, a été tout autre, et pour dire les choses, inattendue et très encourageante. Beaucoup de messages sur les mél de l’un ou l’autre de nous deux ont complété les commentaires mis sur le site ; nous y avons lu ton intérêt, souvent passionné, tes questions, naturellement légitimes, sur tel ou tel épisode et la lecture de cet épisode que permet (ou qu’impose) le recul de soixante ans ; nous y avons aussi lu, harmoniques du récit, les échos dans ta propre histoire et dans ta propre famille de ces années de guerre, de lutte, d’espérance ; ton émotion, parfois palpable derrière tes messages, nous dit qu’au bout du compte c’était plutôt une bonne idée de publier le Journal.

Adieu, lecteur, ami ; et merci de la route commune.

Claude et Jean Michel

Le sac est lourd, les gars….

Friday 22 September 1944

Écrit pendant la campagne des Vosges avec la I. D.F.L. ,
souvenir du Maquis pour un journal que nous voulions fonder

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Le sac est lourd, les gars…

Les gars ! Le sac est lourd sur vos pauvres épaules
Courbées, meurtries, coupées pendant tout le chemin
Lassant, pénible et dur, que depuis ce matin
Vous fîtes sous la pluie et sous la grêle folles.

Marcher, toujours marcher, changer encore de camp,
Marcher durant des jours, sans trêve et sans arrêt,
Partir à tout moment, ne jamais respirer,
Ne jamais s’évader du rêve hallucinant…

Les gars! Vous qui souffrez et souffrirez encor,
Vous gagnez pas à pas la suprême victoire,
Par dessus la souffrance et la douleur des corps.

Déjà vous pénétrez dans la plus pure gloire
De ceux qui, dédaigneux des vivants et des morts,
Jusqu’au bout auront su “persévérer et croire”.

Fait à Ternuay, Novembre 1944

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Aux Armées (2)

Thursday 14 September 1944

Eh oui! C’est encore sur mon vieux carnet du maquis que j’écris de nouveau ce soir. Il y a trop de choses qu’on ne peut écrire à cause de la censure, trop de choses auxquelles les “autorités”, - qu’elles soient du régiment ou au dessus -, trouveraient à redire, - et j’ai tellement pris l’habitude de me mettre au net en écrivant tout pendant mes mois de maquis que cela me manque véritablement maintenant.

Nous sommes à Nuits St Georges depuis 3 jours. Pays du bon vin, des crus célèbres et mes camarades passent leur temps en virée soit dans les patelins voisins: Chambertin, Volnay, Pommard!! quels noms!, - soit simplement chez les particuliers, tous négociants en vins et possesseurs de bonnes caves. Moi même suis royalement logé chez un gros négociant en vin, mais je me refuse catégoriquement à me laisser aller à boire des quantités de vin. Au contraire j’en bois moins qu’autrefois au maquis où j’avais toujours mon quart et quelquefois deux par repas. Ici au total, je ne bois pas un verre entier au repas alors que certains de mes voisins boivent une bouteille.

La vie est franchement assommante. Vie de quartier, de caserne, avec les heures de présence et les inspections. Cette après midi inspection par le Capitaine Blanc, de nos véhicules. Il a trouvé à redire à la propreté de mes voitures, ce qui est assez normal, la camionnette rentrant juste de corvée et le chauffeur de l’autre n’étant en rien un spécialiste, puisque l’on ne m’a pas encore désigné de chauffeur depuis que je suis là et que j’ai pour cela pris mon observateur en direction de la lunette SOM. Demain, inspection de ma section par le Colonel Maubert, après demain.. je ne sais pas quoi, mais quelque autre corvée de ce genre. L’inspection par le Colonel Maubert ne m’effraye en rien d’ailleurs, car ma section est bien au point. On a bien travaillé ces jours ci et elle doit faire très bonne impression.

Je vais revenir un peu sur les faits marquants de mon existence depuis mon entrée à la 1ère D.F.L. D’abord rapide passage en revue de mes chefs et camarades. Le Colonel Bert, grand artilleur de l’avis unanime1, distant et qui m’est inconnu. Je lui ai parlé deux fois: le jour où je lui ai été présenté, et il y a 3 ou 4 jours où il m’a fait appeler pour me demander s’il pouvait compter vraiment sur la SOM. Le Lt Colonel Maubert, son 1er adjoint, petit, remuant, toujours parti par monts et par vaux, et enfin le Lt Colonel Gauthier, qui est celui que je connais le mieux. C’est d’ailleurs lui qui est présent le plus souvent et c’est à lui qu’on a recours et affaire tout le temps. Personnellement je l’aime beaucoup et le trouve fort sympathique. Il est d’un calme et d’une affabilité qui sont fort appréciables et appréciés. Je ne connais à peu près pas le Cdt Ravet et avec les capitaines, nous arrivons dans les gens plus proches de nous. Je reviendrai sur le Capitaine Caussèque et vais passer rapidement les autres: Blanc, secrétaire particulier du Colonel, pas très attirant et souvent accusé de se mêler de ce qui ne le regarde pas, - Charmoran, Adida et Coll, qui semblent vraiment s’être trouvés dans le même but: faire de bons repas, boire de bons vins et chercher de gentilles demoiselles et enfin Caussèque. C’est sûrement celui qui travaille le plus de tous et il est vraiment très sympathique. C’est nettement celui que je préfère et dont la compagnie m’est le plus agréable.

Dans les lieutenants je suis seul à deux galons, et les Ss Lieutts sont deux vieux: Lacan, un notaire d’Algérie et Rouillon. Le premier est gentil, neutre, effacé et le second parle avec beaucoup d’abondance. De jeunes aspirants, très jeunes, avec les défauts et les qualités de la catégorie. La chose certaine, c’est que c’est très différent de la popote de 39-40. J’y étais le plus jeune lieutt, et avec Loison nous étions les deux plus jeunes officiers du groupe. Ici avec mes 2 galons et la bande de Ss Lieutts et aspirants je fais figure de hiérarchiquement vieux, bien que les deux Ss Lieutts soient bien plus âgés que moi. C’est encore avec le Cne Caussèque que je me sens le plus proche et pourtant je ne me vois guère vraiment camarade avec lui. Ce n’est sûrement pas d’avec mes camarades d’ici que pourra sortir une amitié comme celle de Loison! Mes hommes sont, eux, très bien et je m’entends avec ma section à la perfection. Deux margis qui font bien leur boulot, l’un des deux, Salama, me rappelle Rinaudo par beaucoup de points. Il est d’ailleurs élève de Centrale et donc futur ingénieur comme mon ex sous-chef de section SOM de 39-40. J’ai pu récupérer mes deux agents de liaison, Roger et Claude qui ne m’avaient guère quitté au maquis et qui me suivent ainsi partout. Au total un groupe très homogène, qui s’entend très bien aussi bien à l’intérieur du groupe qu’avec moi.

1 - Il commande l’artillerie de la 1e DFL.

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